Mais malgré cette disponibilité les conflits existent pourtant, à cause d'une situation agraire tendue, les terres – en particulier les meilleures terres – étant souvent accaparées par des propriétaires négligents ou absentéistes, à proximité immédiate de paysans sans terres ou ne disposant pas d'une superficie et de capitaux suffisants. En Russie et autour de la mer Noire il existe un important potentiel d'anciennes terres agricoles abandonnées au cours de ces quinze à vingt dernières années (20 millions d'ha environ). | Sous la pression du Mouvement des sans-terre (MST, voir le glossaire) et grâce à la baisse du prix de la terre depuis la stabilisation de la monnaie (voir le glossaire) par le Plan Real en 1994, une vaste campagne de colonisation a été lancée, et des milliers de familles ont été installées dans des assentamentos, des zones de colonisation, sur des terres expropriées ou sur des terres publiques. édition de la page web, Sylviane Tabarly, La diversité des climats et des écosystèmes offre une vaste gamme de possibilités, la réactivité des producteurs  permet des mobilités de grande ampleur, sur des centaines ou des milliers de kilomètres. Mais cela ne va pas sans des tensions et des conflits, qui entraînent tous les ans des centaines de morts. (docs. Un groupe de paysans installés sur une terre expropriée par l'Institut nationale de Colonisation et Réforme agraire (INCRA) discute la répartition  des lots entre les familles. Aller au contenu. Elle s'étend aujourd'hui (en 1981) sur plus de 8 millions d'hectares, soit près de 16 %de terres labourables disponibles au Brésil. Ce type d’agriculture permet d’obtenir des rendements importants, notamment grâce à la mécanisation et à l’utilisation d’engrais et de pesticides. Canne à sucre, oranges, café et soja sont les grandes cultures commerciales du Brésil dont il occupe les tout premiers rangs mondiaux, en valeur comme en tonnage (voir les autres articles du dossier). Eric Sabourin, « Analyse socio-historique de la politique d’agriculture familiale au Brésil », Brésil(s) [En ligne], 13 | 2018, mis en ligne le 31 mai 2018, consulté le 09 juin 2018. Les produits brésiliens sont vendus en Chine et dans les pays asiatiques en général, dans la région pacifique, aux Etats-Unis, en Russie, en Arabie saoudite et en Europe. En Amazonie, le réflexe de cette politique-là, c'est l'élevage, c'est l'exploitation des bois, en grande partie illégale et plus récemment le soja. Lorsqu'ils y parviennent, ils entrent à nouveau souvent en conflit, qui peut être violent, avec les anciens occupants ou avec d'autres immigrants, petits paysans comme eux ou éleveurs, aux méthodes parfois expéditives : ce n'est pas par hasard que la région du bico do papagaio (le "bec de perroquet", à la pointe septentrionale de l'État de Tocantins, est celle où se sont produit les conflits les plus meurtriers. Le Brésil est un pays immense (8,5 millions de km2) dont on vante souvent l'impressionnante réussite agricole. Comme vous avez choisi notre site Web pour trouver la réponse à cette étape du jeu, vous ne serez pas déçu. Le Brésil est, depuis 2005, le premier exportateur mondial de viande bovine et se situe au 2e rang mondial pour le cheptel bovin (tonnage et/ou valeur), derrière l'Inde dont les vaches ont un tout autre statut et un tout autre rôle. Résumé Au Brésil comme au Maroc, le secteur agricole est marqué par des différences extrêmes en termes de taille d’exploitation, ainsi que de niveau d’xéquipement, de capitalisation et de techniques. Les ressources naturelles du Brésil, sa superficie, ses conditions climatiques et ses efforts menés en matière de modernisation en font un des tous premiers producteurs agricoles au monde. Pointeur .kmz sur l'image Google Earth de Campinaçu (13°44'4.00"S / 48°42'9.12"O), Commentaire du document ci-contre : Vision idéalisée, la stupa boudhiste censée évoquer l'Inde et l'accompagnant en turban, ainsi que la localisation bucolique du quai de débarquement, ont peu à voir avec la réalité de l'événement, Source du texte ci-contre : Mathias et Mundy (2005). C'est comment ailleurs ? L'un des aspects les plus frappants de la capacité d'adaptation de l'agriculture brésilienne est son aptitude à modifier, presque d'une année sur l'autre, la carte de ses productions, comme en témoigne les déplacements des productions de soja mais aussi du coton, de la canne à sucre ou du café (cartes ci-dessous). L'élevage mérite une attention particulière en raison de son poids économique et surtout de ses effets structurants sur l'espace. Le riz (arroz) et les haricots rouges (feijão) sont présents sur toutes les tables du pays, à tous les repas, le couple arroz-feijão étant l'équivalent brésilien de ce qu'était naguère en France notre "pain quotidien" : les haricots proviennent des deux grandes zones d'agriculture familiale du pays, dans le Sud et le Nordeste, plus récemment des environs de Bras'lia où ils sont plantés en culture irriguée, sous de gigantesques "pivots", des rampes d'arrosages de plusieurs centaines de mètres de diamètre. ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/.../a1250f03a.pdf. Les défrichements de grande taille et aux contours géométriques sont caractactéristiques des grandes exploitation d'élevage. 2 / Pourquoi peut-on parler de déserts verts au Brésil ? Au Brésil, la race est devenue connue sous le nom de Nélore, d'après la région de Nellore, faisant partie aujourd'hui de l'Andhra Pradesh, en Inde. Ce monde pionnier du Nord-Ouest, comme avant lui le Far West des États-Unis, est aussi un monde de violence. 2 p. 254) 3. Les inégalités et les tensions sont fortes au Brésil entre ces deux types d’agricultures (4/5 des exploitants occupent 1/3 des terres). [4] La notion d''anthropisation, qui signifie simplement "transformé par l'action humaine", est un euphémisme choisi par l'Institut brésilien de Géographie et Statistique (IBGE) pour signifier ni "mis en valeur", ni "dévasté". Les exportations ont été multipliées par six depuis l'an 2000. Plusieurs systèmes coexistent en fait tant bien que mal dans l'espace rural du pays : - d'un côté des formes nouvelles d'organisation de la production agropastorale modernes, intégrées à un puissant complexe agro-industriel et bien reliées aux autres formes de production, de circulation et de consommation, mais qui emploient peu de main d'œuvre par rapport à leur production et à leur capital investi. Le café, naguère produit principalement dans l'État de São Paulo et le Nord du Paraná, a désormais son centre de gravité dans le Sud du Minas Gerais, et des pôles secondaires dans l'Espírito Santo, le Rondônia et la Bahia. L’agriculture familiale au Brésil emploie plus des trois quarts de la main-d’œuvre agricole, mais la priorité du pays reste l’agriculture intensive. Les oranges sont présentes presque partout, pour la consommation locale, mais deux points de concentration apparaissent : les pôles spécialisés de Bahia et de São Paulo, grâce auxquels le Brésil produit 80% du concentré de jus d'orange commercialisé dans le monde. On notera d'ailleurs que l'Inde a contribué au développement du cheptel bovin brésilien puisque, dans un discours à São Paulo, le 14 avril 2008, la présidente de la République indienne, Pratibha Patil, rappelait qu'environ 80% du bétail brésilien tire son origine d'une race de type zébu appelée Nellore (ou Nélore) originaire d'Inde [encadré ci-dessus] et que l'année 2006 avait marqué le 100e anniversaire de l'importation du premier spécimen au Brésil. Après quatre décennies de colonisation, l’Amazonie ‐ comme d’autres régions forestières en Afrique et Asie tropicales - s’intègre de plus en plus vite aux grands enjeux mondiaux (sociaux, économiques et environnementaux). Au contraire, au Brésil, la montée en puissance des politiques d’agriculture familiale va de pair avec la réduction des ressources pour les politiques de réforme agraire et foncière. Source : SIM, Système d'information sur la mortalité. Elle a longtemps été la base économique et sociale principale de la région depuis le XVIe siècle, sous la forme de plantations solidement contrôlées par les oligarchies locales. Cette situation crée des tensions sociales qui prennent souvent une forme violente, et peuvent à tout moment mener à l'explosion. L'étalement de pays en latitude (5°14'N / 33°40'S) et en longitude, des contreforts andins (73°52'O), à l'océan Atlantique (34°48'O) permet d'y cultiver aussi bien les plantes tropicales que celles du monde tempéré et les conditions du milieu naturel, principalement climatiques, sont parmi les principaux déterminants de ses spécialisations : le poivre, la mauve, le jute et le palmier à huile apprécient le climat chaud et humide de l'Amazonie ; les climats subtropicaux de São Paulo et du Sud leur permettent de jouer à la fois sur les denrées tropicales (canne à sucre, café, arachide) et sur les grains (maïs, soja), les fruits et les légumes de climats tempérés (pomme de terre, blé, avoine, raisin, pommes). Le Brésil est surnommé le "géant vert" ou "la ferme du monde". De multiples changements sont donc à l'œuvre et ils transforment profondément le monde rural. Le Brésil est-il aujourd'hui capable de nourrir l'ense Pour commencer, la libéralisation des échanges commerciaux entre le Brésil et le reste du monde. Pourquoi peut-on qualifier le Brésil de « nouvelle ferme du monde » (doc. Habiter les grandes plaines aux Etats-Unis. Cette moyenne a de surcroît peu de sens car elle recouvre des situations très différentes : en dehors du littoral nordestin et des régions d'agriculture intensive du Sud-Sudeste le taux d'anthropisation [4] n'atteint nulle part 12% du territoire de chaque commune et il tombe en dessous de 1,5% dans toute l'Amazonie. Vue générale de l'exploitation et fèves de soja à maturité. Ce choix affirmé sur une décennie pour l'agriculture familiale, peut surprendre dans un Brésil qui a toujours, tout au long de son histoire, privilégié d'autres formes d'agriculture, entre latifundia et entreprises rurales. Mais, au Brésil, la politique macro-économique de fond reste orientée sur le développement économique à tout crin, basé sur l'exportation. Mais ce secteur peut poser problème. Des taxes sont tombées et les produits agricoles brésiliens en ont profité. Développement, Ecole Nationale d’Agriculture de Meknès ; 3 CIRAD, UMR G-Eau . Écrit par Frédéric MAURO • 6 211 mots • 4 médias; L'indépendance politique acquise par le Brésil, au début du xix e siècle, influe sur sa vie économique. Le Brésil ne produisait pratiquement pas de soja avant les années 1970, il est aujourd'hui le second producteur de graines, le premier exportateur mondial de tourteaux, et l'un des tout premiers pour l'huile. Pointeur .kmz sur l'image Google Earth de Cristalina (17° 6'24.80"S / 47°36'6.82"O) drapeau du mouvement. Le Brésil devient un géant vert et devient un grand exportateur de produits agricoles. Dans trois des quatre cas, la production se partage entre deux régions principales, l'ancienne et la nouvelle. Le monde rural brésilien est donc à la fois en pleine évolution et marqué par de très fortes disparités, dans tous les domaines : les tailles des exploitations, la valeur de leur production, leurs spécialisations. Quel type d’agriculture illustre la … Elle a aidé le Brésil à traverser la crise financière. Et dans certains Etats comme le Mato Grosso au centre du pays, il n'y a pas d'hivers. Le groupe méridional correspondant à des régions colonisées par des immigrants d'origine allemande, il n'est donc pas surprenant de trouver un important élevage de porcs dans cette région étant donné les héritages culturels de cette immigration. Sur la carte, localisez en rouge le Brésil. On assiste donc à la progression de véritables fronts pionniers, sans équivalent dans le monde (à part certaines régions d'Indonésie ou de Malaisie), qui rappellent ceux des États-Unis au XIXe siècle ou, plus près dans le temps et dans l'espace, ceux du café dans les États de São Paulo et du Paraná dans les années 1930 et 1940, magnifiquement analysés par Pierre Monbeig (figure ci-dessous). En Asie et en Australie il y a peu de surfaces cultivables supplémentaires en excès, le manque d'eau y étant un facteur limitatif important. Le partage des tâches et des cultures entre paysannerie et agrobusiness joue à plein, la première fournissant l'essentiel de l'alimentation du pays, le second des produits d'exportation, et des "spécialités" régionales apparaissent nettement. Clichés : Hervé Théry, São João d'Aliança (Goiás), 2003. Pour les personnes initiées à l’agriculture syntropique, cette vision des choses ne va pas sans rappeler les principes évoqués par Ernst Gotsch, fondateur de ce type d’agriculture. Les exportations ont été multipliées par six depuis l'an 2000. L'arrivée au Brésil des premiers bovins importés d'Inde, vue par le peintre Calmon Barreto (Musée d'Araxa). Pour les moutons, une deuxième région apparaît (c'est même la principale pour ce qui est de la valeur de la production), l'extrême Sud du pays, à la frontière de l'Uruguay, une région qui s'assimile déjà à la Pampa et où l'élevage extensif des moutons trouve bien sa place. Les différents climats de ce grand pays permettent aussi de produire des choses très différentes. Alors que s’ouvre le salon de l’agriculture à Paris, coup de projecteur sur un géant de l’agriculture, le Brésil, Mis à jour le 24/02/2017 | 19:16publié le 24/02/2017 | 19:16. De ces contrastes et de leurs combinaisons ressort une opposition marquée entre des systèmes économiques et régionaux très différents, dont les performances économiques et sociales sont on ne peut plus inégales. I. Une fracture entre deux mondes agricoles. Un récent rapport de l'Ocde et de la FAO considère que "l'augmentation ininterrompue des rendements devrait jouer un rôle plus important pour l'offre de produits végétaux que les nouvelles superficies mises en culture." Il s'agit dans ce cas de l'arc du déboisement : le riz pluvial y est la première culture pratiquée, à la fois pour nourrir les défricheurs et pour nettoyer les parcelles, avant de les ensemencer en herbe destinée à l'alimentation des bovins. 1er exportateur mondial de soja, de viande bovine et de volailles On trouve aujourd’hui 3,4 millions d’exploitations de ce type au Brésil, qui occupent un quart de la surface agricole et emploient les trois quarts de la main d’oeuvre. Avec tout ça, la productivité a grimpé en flèche. S'il est déjà un grand pays agricole, le Brésil est aussi – encore – un pays pionnier, son agriculture est en mutation constante, elle conquiert constamment des terres nouvelles, déplace ses frontières et ses spécialisations locales et régionales, dans un mouvement continu d'expansion pionnière et de réorganisation constante des régions déjà conquises. A- Elevage de porcs en Bretagne Commission pastorale de la Terre (Comissão Pastoral da Terra / CPT), secrétariat national . Enfin, le faible niveau du réal, la monnaie brésilienne, a considérablement a dopé les exportations. L'une et l'autre zones correspondent aux régions du Brésil où se concentre la petite propriété paysanne dont le fonctionnement est relativement proche de ceux de l'agriculture familiale européenne, associant un peu d'élevage à l'agriculture, ce que ne font nullement les grandes exploitations. _ Le Brésil comporte deux types d’agricultures : l’agriculture vivrière destinée à nourrir la famille et l’ agriculture productiviste. L'agriculture de l'Argentine, emploie près de 7 % de la population active, en contribuant à environ 5 % du PIB, tout en assurant les trois quarts des exportations argentines. L’article – Ce défi a-t-il été relevé (doc. Aujourd’hui, l’agriculture est le premier poste d'exportation du Brésil, la principale source de devises. La race s'est adaptée en Amérique latine et, vers 1950, l'Argentine a lancé son propre programme de sélection pour la race "Nelore Argentino". Le coton a suivi à peu près la même évolution que le soja, et dans ce cas également le Mato Grosso est devenu le principal producteur national. Ces tensions peuvent sembler étranges dans un pays où tant d'espace est disponible, où l'agriculture et l'élevage n'ont en moyenne occupé que 41% du territoire national, dont moins de 7% sont effectivement cultivés. En croisant des matériaux empiriques réunis en Argentine, en Uruguay, au Brésil, et des éléments théoriques d’interprétation tels que la notion de « chaîne globale de valeur », l’article met en relief une forme particulière d’agriculture entrepreneuriale : l’agriculture en réseau.